| Moirans-du-Jura
(1900-1910).
Entre 1890 et 1930, cette tournerie de type artisanale va se transformer et évoluer vers une véritable industrie du bois sous linfluence des négociants en boissellerie-tournerie (Dalloz, Grandmottet, Monneret) et des petites entreprises de tournerie (M. Liégeon, M. Lorge). Une indépendance financière des entreprises et la crise des années 30 sévissant en Allemagne, (concurrent direct du marché français pour les jouets en bois " à 100 sous ") permettent cet
essor.
Dans les années 1900, les ateliers et entreprises de Moirans produisent de nombreuses quilles, toupies (moines, fiardes, virets), trompettes et sifflets. Mais la spécialisation et la concurrence poussent lartisan à innover et adapter sans cesse de nouvelles techniques. Ainsi en est-il pour des techniques de décoration telles que le rubanage. A Moirans, de nombreuses femmes se spécialisent dans cette finition, consistant à déposer au moyen dun pinceau des liserés de peinture sur les quilles et les toupies, en utilisant un petit tour à pédale appelé
filette.
Moirans-en-Montagne (1920-1960).
Lessor du plastique dans lindustrie du jouet remonte aux années 50. Cette généralisation ne fut rendue possible que par lextraordinaire demande des années 50-60 et dépendait technologiquement du développement des techniques de moulage (presses à injecter...). Les plastiques injectés simposent à cause de leurs qualités techniques (robustesse et facilité dexécution) et esthétiques (modernité de la matière).
La fabrication industrielle du jouet plastique sest effectuée selon deux
options.
Dune part, la transition du jouet bois au jouet plastique sest faite, pour certains industriels comme lentreprise Clairbois (Moirans), par la fabrication dun même produit, le porteur (cheval à bascule ou à 4 roues), décliné en bois puis en plastique. Pour dautres, le jouet nest quun élément de la production. Tel est le cas de la maison Moquin-Breuil (devenue Smoby en 1983), où la rencontre avec le jouet sest faite par lintermédiaire darticles ménagers et de nécessaires décoliers.
En 1960, la reconversion au plastique sest étendue à toutes les grandes entreprises locales du jouet, qui vont, dès lors, sétoffer. Moirans et sa région retrouvent leur réputation de jouet populaire dans les années 60-70 par loption du " tout plastique " : cest la grande époque du jouet à 1 F. Des quantités énormes furent produites par la société Mob de Lavans-les-Saint-Claude (Smoby), les collections étant très variées. Elles étaient vendues par des distributeurs tels que Monoprix-Prisunic ou sous forme de prime dans les sachets de lessive
Bonux.
Moirans " cité du jouet " (1960) puis " capitale du jouet " (1990).
En 2001, les régions Franche-Comté et Rhône-Alpes
représentent plus de 55% de la production nationale de jouets, la France étant le
3ème producteur européen de
jouets.
Cette réussite sexplique notamment par une volonté dalliance de la part des industriels. Ainsi, lAssociation pour la Tournerie et le Jouet Français, créée en 1986, sest donnée pour objectif de mobiliser et de développer une région et une profession autour de pôles économiques, touristiques et éducatifs, avec pour emblème la Maison du Jouet et son musée, nés en 1989. Cette alliance se manifeste également par des fusions dentreprises et la naissance par regroupement de deux acteurs majeurs dans le jouet : les groupes Smoby (Smoby, Monneret,
Ecoiffier) et
Berchet (Berchet, Favre, Clairbois, Charton), leaders incontestés de la production
jurassienne.
La fabrication des jouets en bois est maintenant marginale par rapport à la fabrication des jouets en plastique. Cependant, depuis quelques années, un retour aux matériaux naturels assure lavenir des jouets en bois. Des fabricants jurassiens se sont ainsi spécialisés dans le jouet bois : Vilac à Moirans, LArbre à Jouer à Vouglans, Jeujura à Saint-Germain-en-Montagne, plus quelques petites entreprises et artisans... Cantonnés dans un créneau étroit, les fabricants font preuve dune ingéniosité et dune imagination sans cesse renouvelées dans la gamme de leurs produits. Ils développent également des techniques très personnalisées, telles que le laquage chez Vilac. En raison de leur esthétisme et de leur coût de production, ces jouets sont devenus des produits de semi-luxe. Nous sommes bien loin de la fabrication des jouets à " 100 sous " des premiers artisans-paysans.
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