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Des objets en bois tourné aux jouets en plastique moulé.
Lindustrie de la tournerie dans le Jura est liée à un lieu de pèlerinage : celui de labbaye de Saint-Claude. Au XIIIème siècle, des foules considérables venaient vénérer les fondateurs et les disciples de labbaye (Saint-Romain, Saint-Lupicin, Saint-Oyend et Saint-Claude). Si les premiers objets de piété furent tournés par les moines eux-mêmes, les paysans de la région vont se lancer dès le XIVème siècle dans une double activité dappoint en reprenant ce savoir-faire de tourneur, pour une production dobjets profanes. Les chapelets, perles et patenôtres sont remplacés par les sifflets, toupies et crécelles, jouets bois à bon marché.
La ville de Moirans a changé plusieurs fois de nom et de surnom, parallèlement à son évolution dans la fabrication du jouet.
" Bibiville " (1860-1870).
Jusquau XVIème siècle, Moirans-en-Montagne se présente comme une région industrieuse en raison de ses draperies. Cest au XVIIIème et au XIXème siècle que la région de Moirans va reprendre la tradition san-claudienne avec la production dune grande variété dobjets tournés, tradition facilitée par la richesse du bois des forêts environnantes. Ce sont des articles dutilité courante comme des manches doutils, des robinets, des portemanteaux, et surtout des jouets : quilles et toupies, jeux de croquet et de bilboquet, jeux de dames et jeux déchecs, trompettes et
sifflets.
Malgré la variété des objets tournés, chaque commune saffirme par un produit particulier. La spécialisation dans un article et le développement de quelques gestes techniques permettent aux paysans tourneurs de faciliter la transmission de leur savoir-faire aux générations suivantes. " De père en fils, on tourne le même article, on connaît toutes les ficelles du
métier ".
A partir de 1850, Moirans se spécialise dans la fabrication du bibi, petit sifflet cylindrique en bois tourné que lon peut placer à lextrémité de ballons gonflables. Par la suite, il génère la fabrication de nombreuses flûtes, flûtiaux, appeaux, trompettes et sifflets en bois tourné. Dès 1865, Moirans est le fournisseur mondial du bibi et porte alors le surnom régional de " Bibiville ". Moirans simpose comme la capitale de la tournerie dans le
Haut-Jura.
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